Fédérer, dynamiser et diffuser la pensée stratégique

 

Séminaire "eau et conflictualités"

 

en partenariat
avec

 

 

Le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques et l'eau

Déceler-étudier-former de 2008 qui fut à l’origine de cette réforme. Ce document invitait, notamment, à réfléchir sur l’évolution des conflits d’usage et de distribution liés à l’or bleu. On observe, en effet, des tensions anciennes dans les régions où la ressource aquifère est rare, ou mal gérée, mal partagée.Les atteintes à l’environnement, le réchauffement climatique pourraient les aggraver, voire les étendre. Les pollutions criminelles peuvent aussi constituer des armes non conventionnelles.
Mais le thème de l’eau recouvre bien d’autres dimensions. Toutes les ressources, ni leur usages possibles, d’ailleurs, ne sont pas encore connus. Des idées fausses, des termes inadéquats circulent, comme l’expression « guerres de l’eau ». Des questions restent sans réponse : faut-il craindre une crise majeure due à la croissance démographique mondiale et à l’insécurité alimentaire ?

Les violences subies par les écosystèmes sous l’influence de l’activité humaine sont-elles autant de « bombes à retardement » comme l’affirment certains experts ? Quel sera le rôle de l’eau dans les problématiques énergétiques ? Certes, la situation hydraulique que connaît la France, ressource et distribution,est privilégiée, si on la compare aux difficultés rencontrées par d’autres États européens (sécheresse en Espagne par exemple), sans évoquer le « Triangle de la soif » moyen-oriental. Mais sans doute est-ce une raison de plus pour se doter d’une réflexion et d’une prospective. Cet « élément » est annoncé comme l’un des défis mondiaux du XXIe siècle, et, avec le Forum mondial tenu à Marseille en mars 2012, s’inscrit dans le calendrier stratégique. Un tel sujet, mondial, national et local, multidisciplinaire, partagé entre acteurs publics et privés, relève pleinement des missions du conseil supérieur pour la formation et la recherche stratégiques, qui en fait l’un des axes de son activité de coordination et d’approfondissement. D’où son choix pour son premier séminaire, fin 2010, organisé avec Veolia. Les actes sont aussi sa première publication.

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Les actes du séminaire « eau et conflictualités »

Les Éditions Choiseul ont publié en janvier 2012 les actes de ce séminaire organisé par le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques (CSFRS) le 6 décembre 2010, à l’École militaire, en partenariat avec Veolia. Destiné à une soixantaine de décideurs et d’experts français et étrangers, il portait sur le thème « eau et conflictualités ».
L’eau est vitale, comme l’air. Ressource stratégique, elle est source de coopérations, mais aussi de tensions, de rivalités. Sa géopolitique de l’eau reste peu étudiée. Pourtant, un nouveau concept émerge dans les enceintes internationales, l’hydrosolidarité, qui devra prévaloir, si l’on veut traiter pacifiquement l’impact des changements climatiques, éviter les accusations de partage inéquitable, et amener chaque nation à une gestion économe.
Confié à Franck Galland, auteur d’un livre de référence paru en 2008 sur ce sujet aux éditions du CNRS, le séminaire a examiné les enjeux de défense et de sécurité liés à la rareté de cette ressource et à la dégradation de sa qualité. Enjeux sanitaires, économiques, politiques, diplomatiques, voire culturels. L’objectif était, passé ce constat, d’offrir des réponses institutionnelles et opérationnelles afin d’anticiper et d’éviter tout conflit dans deux régions sensibles : le Proche et le Moyen-Orient, et l’Asie. L’ouvrage pose les problématiques complexes, transversales, liées à l’eau. S’il porte essentiellement sur la gestion, technique, juridique et politique, des fleuves transfrontaliers (le Nil, le Jourdain, le Mékong…), il souligne aussi l’importance du lien entre l’eau et l’énergie. Une interaction trop souvent méconnue, bien que stratégique. Les intervenants, enfin, rappellent, la nécessité d’économiser l’eau (gaspillage, fuites et pertes sur les réseaux…), et de rechercher des ressources alternatives (recyclage des eaux usées, dessalement). Il offre des études de cas : la gestion transfrontalière en Asie, la situation hydropolitique en Inde et en Chine, le partage du Jourdain entre le Liban, la Syrie, la Jordanie, Israël, et la Cisjordanie ; les différends entre la Turquie, l’Irak et la Syrie à propos de la construction de barrages ; la problématique des volumes soutirés du Nil par l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie.
Parmi les intervenants, français, britanniques ou libanais, le général Alain Lamballe, Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, Jean-Louis Oliver, secrétaire général de l’Académie de l’eau, Pierre Victoria, délégué général du Cercle français de l’eau, également directeur adjoint du développement durable à Veolia Environnement, Fadi Comair, directeur général des ressources hydrauliques et électriques du Liban, des chercheurs d’Asie 21, de la fondation pour la recherche stratégique (FRS), d’Oxford…
Ce séminaire, et ses actes, prennent place dans la concertation internationale en cours, dont les enjeux et péripéties sont évoqués à plusieurs reprises, et tout particulièrement dans le contexte de la préparation du Forum mondial de l’eau, qui se tiendra à Marseille en mars 2012. À signaler aussi, la mission d'information « Géopolitique de l'eau » mise en place fin 2010 par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, et dont les travaux seront rendus début 2012 : plusieurs des contributeurs ont été auditionnés, dont le coordonnateur Franck Galland.
Eaux et conflictualités, sous la direction de Franck Galland, Choiseul, 2012.

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Biographie des intervenants

Franck Galland

Parcours professionnel :
Franck Galland a été, de 2004 à 2010, directeur de la sûreté du groupe Suez Environnement, et conseiller du Président pour les affaires méditerranéennes.
De 2001 à 2004, il était précédemment en poste auprès du directeur du développement d'Ondeo Services (activités internationales de Suez-Lyonnaise des Eaux), avec le titre de chargé de missions.
De 1997 à 2001, en tant que directeur des activités du pôle services du cabinet Miallot & Associés (groupe Mazars & Guérard),

spécialisé dans le management des risques internationaux, il accompagnait les directions générales de grands groupes sur des marchés émergents, dont la Lyonnaise des Eaux.
Fin 2010, après dix années passées au sein du groupe Suez, Franck Galland a choisi de consacrer la seconde partie de sa carrière à un projet entrepreneurial. Il a ainsi créé Environmental Emergency & Security Services, cabinet d’ingénieur-conseil spécialisé en résilience urbaine, dont la vocation est d’accompagner collectivités et opérateurs d’infrastructures critiques (eau, énergie, télécom) dans l’anticipation et la gestion de situations de crise dues à des catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, séismes), à des accidents industriels ou à des actes malveillants.
Parcours académique :
Diplômé en affaires internationales de l’École supérieure de commerce de Marseille (Euromed Management), Franck Galland est actuellement considéré comme l'un des meilleurs spécialistes européens des questions stratégiques et géopolitiques liées à l'eau. Il est en particulier l’auteur d’un ouvrage remarqué, « L’eau : géopolitique, enjeu, stratégies », publié par CNRS Éditions, en septembre 2008. Il a également écrit plus d’une quarantaine d’analyses sur les enjeux stratégiques de l’eau dans des revues de relations internationales et de sécurité.
Conférencier, il est par ailleurs régulièrement invité à intervenir dans des instituts de défense et de sécurité, français et étrangers, pour parler des problématiques liées aux ressources en eau. Citons en particulier l’Institut des hautes études de la défense nationale (Paris), le Royal United Service Institute (Londres), ou le China International Institute for Strategic Studies (Pékin). Il est enfin chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (Paris) et au Water, Energy & Environment Research Center (Beyrouth).
Pour en savoir plus : http://water-security-consulting.com

Général (2s) Alain Lamballe

Saint-Cyrien, docteur en sociologie politique, diplômé en hindi et ourdou de l'Institut national des langues et civilisations orientales, le général (cadre de réserve) Alain Lamballe fait partie d’Asie 21, équipe de chercheurs rattachée au groupe Futuribles. Il a été attaché militaire en Inde, au Népal, au Pakistan, au Sri Lanka et aux Maldives et a dirigé le séminaire Asie du Sud au Collège interarmées de défense. II s'intéresse particulièrement aux problèmes conflictuels dont ceux qui concernent l'eau. Il est l'auteur de trois ouvrages, « Le problème tamoul à Sri Lanka » (L'Harmattan, 1985), « Insurrections et terrorisme en Asie du Sud » (éditions es-stratégies, 2008) ainsi que « L’eau en Asie du sud : confrontation ou coopération ? » (L’Harmattan 2009).

Alexandre Taithe

Politiste et juriste de formation, Alexandre Taithe est chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Il travaille sur les politiques de l’eau, les régimes de propriété de la ressource, sa qualification et sa tarification. Ses recherches portent également sur le changement climatique, sur les dégradations environnementales et leur influence sur des questions de sécurité (instabilité sociale, politique, régionale et interne…), et sur les régulations carbone. Consultant extérieur au CERI entre 2000 et 2002, il a enseigné à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et à l’université de Pau et des Pays de l’Adour. Il est l'auteur de « Partager l’eau. Les enjeux de demain » aux Editions Technip en 2006, de « L’eau. Un bien ? Un droit ? » aux éditions UNICOMM en 2008, et de « L’eau en Méditerranée : fonder une stratégie commune. Services de l’eau, climat, sécurité », en codirection avec Pierre Beckouche et Zoé Luçon (l’Harmattan, mars 2010).

Jean-Louis Oliver

Jean-Louis Oliver est ancien élève de Polytechnique et de l’École Nationale des Ponts & Chaussées. Il a occupé diverses fonctions de responsabilité dans l’aménagement du territoire, régional ou urbain, et dans la gestion des ressources et des usages de l’eau, tant dans le secteur public, en France et à l’international, y compris à la Banque mondiale, que dans le secteur privé. Il est actuellement secrétaire général de l’Académie de l’eau et membre de nombreuses associations dans ce domaine.

Fadi Comer

Diplômé des universités du Texas et de Harvard, de l’École Nationale des Ponts et Chaussées, de l'université Claude Bernard Lyon I (Doctorat d'État en énergétique), le Dr Fadi Comair a débuté sa carrière dans les centres de recherches affiliés au ministère français de l'Industrie. Il a participé à l’élaboration des eurocodes, et a été co-rédacteur des règles parasismiques françaises (1992-2000). Rentré au Liban en 1993, il est nommé PDG de l'Office National du Litani (ONL) puis directeur général des ressources hydrauliques et électriques. Le Dr Comair est rédacteur et responsable de la stratégie décennale de la gestion des ressources hydrauliques du gouvernement libanais, il est également le principal négociateur sur les fleuves transfrontaliers du Liban. Jouant un rôle actif dans plusieurs délégations du Moyen-Orient sur l'hydrodiplomatie, il est un expert incontesté des problèmes de l'eau. Il est le premier non-Américain portant la distinction de : « Diplomate de l’American Academy of Water Resources Engineers (AAWRE) ». Auteur de plusieurs ouvrages portant sur les ressources hydrauliques et énergétiques, il est le fondateur et Directeur d’un centre de recherche sur l’eau, l’énergie et l’environnement, tout en étant professeur universitaire. En Octobre 2009 il fut nommé président du REMOB. Il a également été désigné vice Président du SEMIDE, Membre du groupe d’experts de la cellule UPM pour la rédaction de la stratégie Méditerranéenne de l’eau, Point focal pour la rédaction du PSM (Plan Solaire Méditerranéen), membre du comité de rédaction des directives concernant les bassins transfrontaliers et de la qualité de l’eau, Point focal de la FAO et de l’ESCWA au Liban pour les ressources hydrauliques, et président du Cercle d’éthique Liban-membre du cercle d’éthique des affaires, France.

Frédéric Encel

Docteur en géopolitique de l'université Paris VIII, habilité à diriger des recherches, professeur à l'ESG Management School, maître de conférences à Sciences-po Paris, directeur de séminaire à l’Institut français de géopolitique, consultant en risque-pays. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés au Proche-Orient, dont « Géopolitique d’Israël » (avec F. Thual), dernière édition 2006, « Comprendre le Moyen-Orient » (direction d’ouvrage), dernière édition 2006, et « Atlas géographique d’Israël »,2008.

Marwa Daoudy

Le Dr Daoudy est maître de conférences à l’université d’Oxford (département de politiques et relations internationales et centre du Moyen-Orient). Elle est aussi membre du St Antony’s College à l’Université d’Oxford. En 2003, elle a reçu son PhD en relations internationales (sciences politiques) à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. Elle a été Visiting Fellow à l’université d’Harvard et à l’université de Pennsylvanie et chercheur post-doctoral à la School of Oriental and African Studies à Londres et au CERI de Paris. En parallèle à ses engagements académiques, elle conseille le PNUD sur les négociations de paix régionales entre Palestiniens et Israéliens sur la question du partage de l'eau. Elle est consultante en relations internationales auprès d’autres organisations internationales et d’entreprises privées, et organise pour les professionnels des sessions de formation en négociation internationale, sécurité et eau. Le Dr Daoudy a publié de nombreux ouvrages sur ces questions. Son livre « Le partage des eaux entre la Syrie, la Turquie et l'Irak » (Ed. CNRS, 2005) a reçu le prix Ernest Lémonon de l’institut de France (académie des sciences morales et politiques). Ses plus récentes publications : « The Geopolitics of Water in the Middle East: Turkey as a Regional Power », in Tvedt, Hagen & Chapman, eds., « The Currents of Power: Water and the New World Order », IB Tauris, Londres, 2010; « Getting Beyond the Environment-Conflict Trap: Benefit-Sharing in International River Basins », in Earle, Jägerskog&Öjendal, eds., « Transboundary Water Management », Swedish International Water Institute (SIWI), Stockholm, 2010.

Pierre Victoria

Directeur adjoint de la direction du développement durable de Veolia Environnement, responsable du pôle engagement sociétal et prospective, il anime, en outre, le Cercle français de l’eau, dont il est le délégué général. Gouverneur du Forum Mondial de l’Eau, il est impliqué activement dans la définition et la mise en œuvre du processus politique du 6e Forum mondial de l’eau qui aura lieu à Marseille en mars 2012. Élu local et régional pendant douze ans, il a été député du Morbihan (France) de 1991 à 1993, en remplacement de Jean-Yves Le Drian, nommé au gouvernement. Il est co-auteur de l’ouvrage « La gouvernance démocratique : un nouveau paradigme pour le développement » Editions Karthala 2008 et coordonnateur de l’ouvrage « L’accès à l’eau et à l’énergie : de la vision à l’action » Éditions Lavoisier (2005).

Loïc Fauchon est président du Conseil mondial de l'eau

Diplômé de l'IEP d'Aix-en-Provence, puis spécialisé en économie et en droit du tourisme, il a d’abord accompli un parcours éclectique au sein de la fonction publique, qu’il achève comme secrétaire général de la ville de Marseille. Directeur général de la Société des eaux de Marseille en 1991, il en devient président directeur général en 1997. L’eau, il en connaît d’autant mieux l’importance vitale qu’il mène de nombreuses missions dans le cadre de Transsahara, une ONG humanitaire qu’il préside et qu'il a créée en 1977. Cette vocation au service de la « cause de l’eau », Loïc Fauchon la défend aussi, depuis 1995 à travers le Conseil mondial de l'eau, une organisation dont il est le président depuis 2005.

 

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Verbatim

  • « L’absence d’eau, ou sa mauvaise qualité, tue. C’est la première cause de mortalité. Elle est dix fois, quinze fois supérieure à celle des conflits en cours ».
    Loïc Fauchon, Président du Conseil mondial de l’eau.
  • « La question qui se pose maintenant est la suivante : au-delà de cet état des lieux, au-delà de cette analyse des problématiques que nous connaissons déjà, qu’est-ce qui est au cœur des démarches à venir sur les questions stratégiques de l’eau, le seul élément totalement indispensable à la vie avec l’oxygène ? Il serait utile que nous ayons plus de perspectives, plus d’options, plus de contenus permettant à des formes de relations diplomatiques ou purement stratégiques de se développer. Bref nous souhaitons prévenir plutôt que subir, comprendre plutôt que découvrir, faire des efforts d’anticipation et de décèlement, c’est l’initiative, le souhait, l’ambition qui est la nôtre ».
    Alain Bauer, président du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques.
  • « La façon dont on partage ou ne partage pas cette ressource stratégique peut s’avérer source de tensions politiques en pays riverains (…). Faut-il pour autant conclure que, sous les coups de boutoir des changements climatiques et des besoins croissants, des guerres de l’eau vont éclater ? Il est peu probable que ceux-ci débouchent sur de véritables conflits armés. En revanche, ils attiseront les tensions interétatiques préexistantes sur les ressources en eau et en susciteront de nouvelles ». (…) A vrai dire, dans l’histoire des hommes, la gestion de l’eau a engendré davantage de coopération que de conflits. (…). Que ce soit pour se répartir la ressource ou gérer des catastrophes naturelles comme les sécheresses ou les inondations, l’eau contraint les États à renforcer leur coopération. La notion d’« hydrosolidarité » s’impose depuis quelques années dans le vocabulaire international. Elle prévaudra de plus en plus. (…) Mais la concertation ne préviendra pas tout et ne règlement pas tout. Il convient aussi de faire évoluer les comportements vers des usages plus raisonnés de l’eau. Une gestion économe s’impose à chaque nation ».
    Antoine Frérot, président-directeur général de Veolia Environnement.
  • Sur les relations entre l’eau et l’énergie : « Historiquement, pour des raisons techniques, la gestion de ces deux fluides était séparée. Aujourd’hui, les secteurs de l’eau et de l’énergie sont en train d’être construits sur des politiques publiques de plus en plus liées. Entre l’eau qui se transporte mal et se stocke facilement et l’électricité pour laquelle c’est le contraire, on voit que les éléments de nature technique ont permis de revoir complètement le paradigme du lien entre l’eau et l’énergie, sachant qu’il faut beaucoup d’eau pour produire n’importe quel type d’énergie et pas seulement l’hydroélectricité, et que la consommation énergétique pour les responsables des services d’eau, est le deuxième poste de dépenses, après les salaires ».
    Pierre Victoria, Directeur adjoint du développement durable, Veolia Environnement, délégué général du Cercle français de l’eau.

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Quelques chiffres

  • 900 millions d'habitants ne disposent pas d'accès à l'eau potable à proximité ;
  • Plus de 3 milliards d'habitants n'ont pas d'eau au robinet à domicile ;
  • 2,6 milliards de personnes n'ont pas accès à un assainissement de base ;
  • L’eau agricole représente 70% de l’utilisation des ressources mondiales en eau douce, 20% pour l’eau à vocation industrielle et 10% pour les consommations domestiques. Sur certaines zones évoquées dans le cadre de ce séminaire, dont le Proche-Orient, on est d’ailleurs plus près de 90% que de 70% pour l’eau agricole.
  • Deux tiers des grands fleuves sont communs à plusieurs pays. Il existe 270 bassins fluviaux transfrontaliers. Le Nil, le plus long, traverse dix pays ; le Mékong, six pays.
  • Outre les questions posées par les relations entre pays se partageant les rives, cette situation donne l’avantage aux États situés en amont. 15% des pays dépendent à plus de 50% des ressources en eau situées en dehors de leur territoire.
  • On dénombre 200 traités interétatiques relatifs à l’eau contre 37 conflits survenus ces cinquante dernières années, pour la plupart mineurs.

 

Principales dates

  • 1977 : Conférence de Mar del Plata. Première concertation internationale sur les conditions d’accès à l’eau par la population de la planète. A la « doctrine Harmon remontant à 1895, selon laquelle un État a la souveraineté pleine et entière sur les eaux s’écoulant sous son sol, succède la notion de « souveraineté limitée ».
  • 1981-1990 : Décennie internationale de l’eau potable.
  • 1992 : conférence de Rio. Le chapitre 18 de l’Agenda 21 est consacré à la gestion des ressources en eau.
  • 1992 : convention-cadre de la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies, qui propose une gestion globale et partagée, sous l’égide d’une instance commune de coopération, du bassin hydrographique : navigation, lutte contre la pollution, développement durable, règles de partage des bénéfices économiques. Elle a inspiré de nombreuses conventions, en Europe et ailleurs, pour la gestion internationale des fleuves.
  • 1996 : création du Conseil mondial de l’eau (qui est à l’origine du Forum mondial de l’eau).
  • 1997 : convention sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation (non entrée en vigueur, faute de ratifications en nombre suffisant).
  • 2000 : objectifs du Millénaire.
  • 2002 : le comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies proclame le « droit humain à l’eau, condition préalable à la réalisation des autres droits de l’homme ».
  • 28 juillet 2010 : l’Assemblée générale des Nations Unies reconnait comme un droit fondamental le droit à une eau potable salubre et propre : « le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit fondamental, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme ».

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Des exemples de tensions

  • La répartition de l’eau du Jourdain constitue un enjeu géopolitique majeur entre le Liban, la Syrie, la Jordanie, Israël et la Cisjordanie.
  • Les différents entre la Turquie, l’Irak et la Syrie quant à la construction de barrages.
  • Les tensions entre L’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie sur les volumes soutirés du Nil.

 

Des exemples de coopération pour la gestion des fleuves transfrontaliers

  • Le Traité des eaux limitrophes (1909), le Traité du fleuve Columbia (1961), l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands lacs (1978) entre les États-Unis et le Canada.
  • La convention de la Save signée en 2002 par quatre des États issus de l’ex-Yougoslavie.
  • Commission de l’Indus, 1960, entre l’Inde et le Pakistan, avec le soutien de la Banque mondiale. Elle a survécu à trois guerres entre les deux pays.
  • Commission du Mékong (1957) avec l’aide de l’ONU. Elle a continué à fonctionner pendant la guerre du Vietnam. Cependant seuls y participent le Vietnam, le Laos, le Cambodge et la Thaïlande. La Chine et la Birmanie n’en font pas partie.
  • Le plan d’action pour le Zambèze (ZAC-Plan) en coopération avec les États riverains et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), avec le soutien du PNUE.

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Revue de presse sur l’ouvrage Eau et conflictualités

    Alternatives internationales n° 054, mars 2012 : article de Franck Galland, « La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ? »
  • Site de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) : vidéo interview à regarder à l’occasion de la sortie de l’ouvrage ;
  • Radio France Internationale, émission Géopolitique, 25 février 2012, « Peut-on gouverner l’eau ? », animée par Marie-France Chatin, avec Alain Boinet, fondateur et directeur de Solidarités international, Alexandre Taithe (Fondation pour la recherche stratégique), et Franck Galland ;
  • Site Diploweb.com, article de Romain de Jarnieu : « Ce que nous apprend cet ouvrage, c’est que la géographie n’est pas une fatalité, et qu’il existe des solutions permettant de sortir des logiques sécuritaires en développant des approches régionales tenant compte des impératifs de chacun » ;
  • Un article d’Alexandre Vatimbella sur le site Eco Infos Monde de l'agence de presse LesNouveauxMondes.org, « L’eau sera un enjeu majeur - sinon le majeur - du XXIe siècle » ;

Eaux et conflictualités est également cité et présenté en ligne par de nombreux organismes ou médias de géopolitique et de stratégie ou dédiés aux problématiques de l’eau :

 

Bibliographie

  • L’eau en commun. De ressource naturelle à chose cosmopolitique, Gabriel Blouin Genest, Frédéric Julien et Sylvie Paquerot. PUQ, 2012.
  • Gestion de l’eau. Approche territoriale et institutionnelle, sous la direction d’Alexandre Brun et Frédéric Lasserre, Collection Géographie contemporaine, PUQ, 2012.
  • Franck Galland, L’eau : géopolitique, enjeux, stratégies, CNRS Éditions, 2008 ; La Ruée vers l’eau, Sécurité globale, Choiseul Éditions, 2010, Paris.
  • Barah Michaïl, L’eau, source de menaces ? Dalloz-Iris, Paris, Revue Défense Nationale et sécurité collective, 2009, Paris.
  • Général Alain Lamballe, L’eau en Asie du sud, confrontation ou coopération ?, L’Harmattan, 2009.
  • La revue internationale et stratégique, été 2007, n°66, Dossier L’or bleu, nouvel enjeu géopolitique ?, sous la direction de Barah Mikaïl, Dalloz.
  • Alexandre Taithe, Partager l’eau. Les enjeux de demain aux Éditions Technip en 2006 ; L’eau. Un bien ? Un droit ? Tensions et opportunités, Unicomm, Paris, Revue Défense Nationale et sécurité collective, 2009, Paris. L’eau en Méditerranée : fonder une stratégie commune. Services de l’eau, climat, sécurité, en codirection avec Pierre Beckouche et Zoé Luçon (l’Harmattan, mars 2010).
  • Suzanne Dionet-Grivet, Géopolitique de l’eau, Ellipses, 2011.

 

Quelques liens

Le 6e forum mondial de l’eau. Marseille, 12-17 mars 2012

Depuis 1997, tous les trois ans, ce Forum est le plus grand rendez-vous mondial de l’eau. Il rassemble tous les acteurs autour des enjeux actuels - aussi bien locaux que régionaux ou mondiaux - qui ne peuvent se traiter qu’avec toutes les parties prenantes réunies dans un cadre commun, avec des objectifs partagés.

Le Conseil mondial de l’eau

Le Conseil mondial de l'eau a été créé en 1996 en réponse aux préoccupations croissantes de la communauté internationale face aux problématiques de l'eau. Ses missions sont de sensibiliser, de favoriser une réelle mobilisation politique et d'inciter à l'action sur les questions essentielles liées à l'eau à tous les niveaux, y compris au plus haut degré décisionnel, afin de faciliter, sur une base durable, la gestion et l'usage efficaces de l'eau. Le CME a un statut consultatif auprès de l'UNESCO et d’ECOSOC.

Le cercle français de l’eau

Depuis 1990, cette structure de réflexion, d’échanges et de concertation regroupe l’ensemble des partenaires institutionnels et professionnels autour des représentants des collectivités territoriales sous la présidence de parlementaires. Son objectif : promouvoir une politique volontariste et ambitieuse de l'eau et de l'assainissement des eaux usées qui réponde aux besoins qualitatifs et quantitatifs des générations actuelles et futures.

Re-sources

Un laboratoire d'idées sur les problématiques d'accès aux services essentiels – eau, assainissement, électricité- dans les pays en développement, créé par Veolia, l’un des membres du CSFRS.

Organisation internationale de la Francophonie, Direction du développement durable et de la solidarité.

Les programmes et ressources de l’UNESCO sur l’eau

Un glossaire en ligne et participatif sur l’eau

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