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SANCTUM

Système d'ANticipation de Crise basé sur un Traitement Uchronique Modélisable

La gestion de crise, au plan gouvernemental, fut historiquement conçue comme une activité spécialisée des ministères chargés du maintien de l’ordre, des opérations de secours et de l’aide aux victimes. La recherche d’une meilleure prévention des risques de toutes natures et d’une plus grande efficience opérationnelle a progressivement élargi ce cadre aux ministères civils. Ainsi, de par son champ d'activité étendu, le Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) intervient aujourd’hui dans la plupart des crises

Il a fallu toutefois attendre la circulaire du Premier Ministre de janvier 2012 pour que soit formalisée l’organisation gouvernementale précisant cette évolution autour de la cellule interministérielle de crise (CIC), et ses trois piliers : les cellules décision, situation, anticipation.

Les agressions et menaces répétées dont les sociétés occidentales ont été l’objet ces dernières années n’ont fait que souligner la pertinence et l’opportunité de ce nouveau dispositif.

En fin de compte, des progrès appréciables ont été accomplis dans le travail interministériel de gestion des crises. Toutefois, la fonction « anticipation », de par sa complexité intrinsèque, demeure porteuse d’un important potentiel de progrès pour être en mesure d’apporter une aide clef aux prises de décision des plus hautes autorités de l’Etat.

L'anticipation de crise consiste à comprendre la crise, anticiper ses évolutions possibles et les moyens d'en sortir. Le souci de développer cette fonction a donné lieu à divers travaux, dans les administrations, les think-tanks gouvernementaux (ex : INHESJ) et les opérateurs (ex : EDF). Ainsi :

- l’INHESJ a déjà élaboré une première méthodologie

- le MININT vient de sortir une nouvelle version du Guide de la fonction anticipation1 .

- le MTES a proposé une méthodologie de l'anticipation basée sur l'analyse des risques2.

- il convient de signaler le même souci de développer l'anticipation dans le domaine militaire3.

Cependant, l’ensemble de ces travaux n’est pas, à l’heure actuelle, parvenu à un stade de maturité scientifique permettant de converger vers une méthodologie satisfaisante.

Par ailleurs, le contexte de gestion des crises évolue de manière très rapide avec la diversification et l’accroissement en volume des flux de données (Big Data). Il s’agit d’un nouveau défi pour l'amélioration de l'anticipation, désormais inséparable de celle de la collecte de l'information et de son partage.

Au total, tenant compte du rôle clef de l’anticipation de crise en matière d’aide à la décision gouvernementale dans des situations qui peuvent être d’une extrême gravité, elle constitue une priorité d’intérêt général, à la fois dans le domaine de la recherche fondamentale et dans le développement opérationnel, à court et long terme, dans un contexte d'innovation technologique effervescente.

D'une manière générale, la pratique de l'anticipation repose sur les phases suivantes :

- analyse de la situation, représentation et compréhension des phénomènes en cause ; boucle de retour éventuelle sur la collecte de nouvelles informations,

- analyse des risques et opportunités : identification des conséquences envisageables et des réponses possibles,

- approche itérative par cycles, pour tenir compte de l'évolution de la situation en temps réel,

- élaboration de scénarios et proposition hiérarchisée de décisions à prendre pour la fonction décision ; ce dernier point constitue le livrable final de la fonction anticipation à chaque cycle.

Parmi les méthodes opérationnelles citées, celle développée au MTES, s'appuyant à la fois sur les concepts de l'analyse des risques et sur les évaluations d'experts est la seule qui aboutit à une évaluation quantitative du risque.

Cependant, sa mise en pratique révèle différentes faiblesses, notamment :

- son caractère chronophage : nombreuses fiches à actualiser manuellement,

- son mode d'évaluation très subjectif des risques élémentaires,

- une insuffisance de partage et d’interaction entre les acteurs,

- son caractère systématique n'explorant pas toujours toute la diversité des situations.

Il reste qu'en l'état, nous disposons avec cette méthode d'une base de travail solide, à partager avec nos partenaires et à enrichir dans le cadre du présent appel à projets.

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1 La fonction anticipation, guide pour la CIC (centre de crise Beauvau, 2017)

2 Guide méthodologique de l'anticipation dans la gestion de crises (MEEM, 2015)

3 Anticipation et planification stratégiques, doctrine interarmées (MINDEF, 2014)