ENGATRI Engagement tribal

« Après la guerre, savoir gagner la paix »
Cette expression revient de plus en plus souvent dans les analyses des conflits modernes qui impliquent les nations occidentales. En effet, dans un contexte de « guerres asymétriques », la première partie, gagner la guerre, n’est pas très difficile dans la mesure où c’est la dissymétrie qui caractérise avant tout le rapport des forces en présence.


En revanche, passée cette première étape de la confrontation, commence une deuxième phase qui était ignorée des manuels militaires de la Guerre Froide : la « stabilisation ». Cette phase est devenue cruciale car, non seulement elle empêche le vainqueur de jouir immédiatement de sa « victoire », mais elle peut purement et simplement la lui voler. Le faible refusant de s’avouer vaincu, déplace le champ de l’affrontement dans d’autres domaines (politique, médiatique, psychologique), utilise les armes asymétriques (terrorisme, guérilla, propagande), s’attaque aux points vulnérables des démocraties, et s’appuie sur son meilleur allié : le Temps.


De son côté, le « quasi » vainqueur se voit obligé, du fait de ses engagements démocratiques, de rester sur le terrain jusqu’à ce qu’il ait mis en place un Etat digne de ce nom, qui sera en mesure de résister au retour des « quasi » vaincus. Ainsi, de façon pratiquement systématique, la population du pays où s’est déroulée l’intervention devient l’enjeu principal des deux parties. Commence ici ce que l’on qualifie de plus en plus de « guerre parmi les populations » que les militaires ont théorisée dans la doctrine de « contre-insurrection ».


Alors que le paradigme de la "guerre parmi les populations" s’impose pour rendre compte des nouveaux conflits, il est surprenant de constater que le concept de "population" n’est pas l’objet d’une étude approfondie. Force est de constater que la plupart des conflits actuellement en cours ou latents, se déroulent au sein de populations encore profondément irriguées par une culture tribale, même si celle-ci n’apparaît pas toujours nettement.

 

Porteur du projet: SECURYMIND Stratégies de protection

Coordonnateur Nicolas Israel

Appel à projet: non thématique 2010