SECI « Sécurité énergétique de la Chine et de l'Inde »

Afin d'étudier la sécurité énergétique de la Chine, nous avons privilégié l’efficacité et la cohérence avec le travail déjà accompli depuis plusieurs années à travers les ateliers qui se tiennent depuis déjà plus de huit années. En revanche, en tel travail n'avait pas été engagé concernant la sécurité énergétique de l'Inde préalablement au projet SECI. La méthode suivie pour étudier la question de la sécurité énergétique dans chacun des deux pays est donc exactement symétrique, sinon « inverse » : elle va du particulier au général pour la Chine, et tente au contraire de partir de la cartographie des institutions pour mieux problématiser dans le cas de l’Inde. Ce que l’on pourrait appeler « bottom up » pour la Chine, et « top down » pour l’Inde.

L’apparente prééminence accordée à la question des renouvelables en Chine n’est pas exactement le reflet d’une illusion de notre part selon laquelle là résiderait la solution aux problèmes de sécurité énergétique. Notre plan s’ouvre sur ce sujet de façon à « lever l’hypothèque » au plus tôt et aussi (et surtout) parce que :

-          La piste des renouvelables, aussi limitée soit-elle, est l’une des pistes importantes où l’expertise française peut trouver à s’exprimer et à se développer en Chine, tant par la vente de techniques de base, de transferts d’expertise que sur les sujets de consultation concernant la distribution de l’électricité et l’intégration au réseau, qui restent les « stumbling blocks » de l’équation chinoise ;

-          La question des renouvelables est aussi celle qui permet de très bien baliser le terrain (par « en-dessous ») des « prix de l’énergie »,  sujet récurrent, obérant toute réflexion sur le mix, sur l’évolution des choix chinois et aussi sur l’organigramme des forces en présence, y compris l’ombre portée par le « lobby pétrolier » tellement placé sur la sellette politique ces temps-ci, sans réelle visibilité sur l’avenir.

Concernant les autres sources d’énergie « non classique », la question du nucléaire, en particulier en Inde, mérite un retour particulier. Si, du côté de la Chine, l’absence même de préoccupation apparente de nos interlocuteurs industriels (tout au moins au début de l’étude sur ce sujet) nous paraissait en ligne avec la position relativement favorable qu’EdF et AREVA ont sécurisée dans ce pays, il en va différemment sur l’Inde. La première année de « SECI » était marquée par un débat tournant autour des « risques de compensation » et qui touche de près aux questions politiques en Inde. Nous avons donc compris que, ni du côté indien, ni même du côté français (l’invitation faite à AREVA a bien donné lieu à une présentation par l’énergéticien français, mais elle n’a pas porté sur le nucléaire, et au contraire sur…..les renouvelables) le moment n’était propice. Pour aborder le sujet vis-à-vis de nos partenaires indiens, c’est l’attaché nucléaire de l’ambassade de France qui a été mobilisé pour intervenir lors de la session « nucléaire » de la première conférence franco-indienne de New Delhi, en 2012. Il en est allé différemment au cours de la deuxième année (rallongée) de l’exercice, où nous avons bien compris, en particulier du fait de l’approche des élections générales, le climat changeait. Mais nous ne pensons pas pour autant que « tout puisse être dit » sur le nucléaire en Inde. L'étude de cette question s'avère nécessaire et pourrait constituer une suite au programme SECI.

Jean-François Di Meglio, Président d'Asia Centre, coordinateur du projet SECI

Appel à projets : non thématique 2011